J.B. Nicolas: Les quatrains de Khèyam, 1867

400
	Oh! plût à Dieu qu'il existât un lieu de repose, que le chemin que 
nous suivons y pût aboutir! Plût à Dieu qu'après cent mille ans nous 
pussions concevoir l'espérance de renaître du cœur de la terre,
comme renaît le vert gazon!

401
	Pendant que je tirais I'horoscope du livre de l'amour, tout à coup, 
du cœur brûlant d'un sage sortirent ces mots: "Heureux celui qui 
"en sa demeure possède une amie belle comme la lune, et qui a en 
"perspective une nuit longue comme une année!" 

402
	La succession constante du printemps et de l'automne fait dispa-
raître les feuilles de notre existence. Bois du vin, ami, car les sages 
l'ont bien dit, les chagrins de ce monde sont un poison, et l'anti-
dote de ce poison c'est Ie vin. 

403
	Ô mon cœur! bois du vin, bois-en dans un jardin et jouis de la 
présence de l'amie (la Divinité); renonce à l'hypocrisie, à la four-
berie. Est-ce la doctrine d'Ahmed que tu suis? En ce cas, puise 
une coupe de vin dans Ie bassin qu'en qualité d'échanson Ali des-
sert.

404
	Hier au soir j'ai brisé contre une pierre la coupe en fäience. J'étais 
ivre en commettant cet acte d'insensé. Cette coupe semblait me dire: 
"J'ai été semblable à toi, tu seras à ton tour semblable à moi."

405
	Les fleurs se sont épanouies; ô échanson! apporte du vin. Laisse 
là tes actes de dévotion, ô échanson! Avant que l'ange de la mort 
se soit mis à l'affût contre nous, viens, et, une coupe de vin en 
rubis à la main, jouissons durant quelques jours de la douce pré-
senee de l'amie (la Divinité).

406
	Lève-toi, sors de ton lit, ô échanson! donne, donne du vin lim-
pide, ô échanson! Avant qu'on fasse des cruches de nos crânes, verse 
du vin de la cruche dans Ie bol, ô échanson! 

407
	Cette hypocrisie (que je vois partout), ô échanson! accable mon 
cœur d'ennui. Lève-toi et apporte-moi gaiement du vin, ô échanson! 
pour t'en procurer, mets en gage et le seddjadèh et le féilessan.
Peut-être qu'alors mes arguments reposeront sur une base plus so-
lide. 

408
	Examine-toi, si tu es intelligent, et observe ce que tu as apporté 
dans Ie principe et ce que tu emporteras à la fin. Tu dis que tu ne 
bois pas de vin parce qu'on doit mourir. Que tu en boives, ami, ou 
que tu n'en boives pas, il faut toujours mourir.

409
	Ouvre-moi la porte, car ce n'est que toi qui peut l'ouvrir; 
montre-moi Ie chemin, car c'est toi qui montres la voie du salut. 
Je ne donnerai maa main à aucun de ceux qui voudront me relever, 
car tous sont périssables, il n'y a que toi d'éternel.

410
	Tout ce que tu me dis émane de ta haine (ô moullah)! tu ne 
cesses de me traiter d'athée, d'homme sans religion. Je suis con-
vaincu de ce que je suis et je l'avoue; mais sois juste, est-ce à toi de 
me traiter ainsi? 

411
	Résigne-toi à la douleur si tu veux y trouver un reméde, ne te 
plains pas de tes souffrances si tu veux en guérir. Dans la pauvreté 
remercie la Providence, si tu veux qu'un jour enfin les richesses de-
vienent ton partage.

412
	J'ai vu un sage dans la maison d'un homme ivre de la veille. Je 
lui ai demandé s'il ne pouvait me donner des nouvelles des absents. 
Il m'a repondu: "Bois du vin, ami, car beaucoup, semblables à nous, 
sont partis et ne sont pas revenus."

413
	Ce que je demande c'est un flacon de vin en rubis, une œuvre
de poésie, un instant de répit dans la vie et la moitié d'un pain. Si 
avec cela je pouvais, ami, demeurer près de toi dans quelque lieu 
en ruine, ce serait un bonheur préférable à celui d'un sultan dans 
son royaume.

414
	Jusques á quand ces arguments sur les cinq et les quatre, ô 
échanson? En comprendre un, ô échanson! est aussi difficile que d'en 
saisir cent mille. Nous sommes tous de terre, ô échanson! accorde 
la harpe; nous sommes tous de vent, apporte du vin, ô échanson! 

415
	Jusques à quand parleras-tu de Yassïn et de Bèrat, ô échanson? 
Donne-moi une traite sur la taverne, ô échanson! Le jour où elle y 
sera portée, ce jour-là sera pour moi la nuit du Bèrat, ô échanson! 

416
	Tant que tu auras en ton corps des os, des veines et des nerfs, ne 
pose pas ton pied en dehor des limites de ta destinée. Ne cède ja-
mais à ton ennemi, cet ennemi fût-il Rostèm, fils de Zal; n'accepte 
rien qui puisse t'obliger envers ton ami, cet ennemi fût-il Hâtém-taï.

417
	Tu as beau être épris des lèvres colorées du teint du rubis, tu as 
beau appricier la coupe de vin, tu as beau rechercher le bruit du 
tambour de basque, le son de la harpe et de la flûte, ce ne sont là 
que des accessoires. Dieu m'en est témoin, tant que tu n'auras pas 
brisé les liens qui t'attachent é ce monde, tu ne seras pas jamais rien. 

418
	Remue-toi, puisque tu es sous cette voûte intraitable; bois du 
vin, puisque tu es dans ce monde, siège de calamités. Tout, depuis 
le principe jusqu'à la fin, n'étant que terre, agis au moins en homme 
qui est sur la terre, et non comme si tu étais sous la terre.

419
	Puisque tu connais tous les secrets, ô mon garçon, pourquoi es-
tu en proie à tant de vains tourments? J'admets que les choses ne 
marchent pas selon tes désirs, mais au moins sois gai en ce moment 
où tu respires encore.

420
	Partout où je porte les yeux, je crois voir Ie gazon du paradis, Ie 
ruisseau du Kooucer. On dirait que la plaine, sortie de l'enfer, c'est 
transformée en un séjour céleste. Repose-toi donc dans ce séjour cé-
leste auprès d'une céleste beauté.

421
	Ne suis pas d'autre voie que celle que suivent les Kèlènders; ne 
recherche pas d'autre lieu que la taverne; ne t'occupe que de vin, 
de chant et de l'amie (la Divinité): mets dans ta main une coupe de 
vin, sur ton dos une gourde; bois, ô objet chéri de mon cœur! bois 
et cesse de dire des sottises.

422
	Veux-tu que ta vie repose sur une base solide? Veux-tu vivre 
quelque temps, ayant Ie cœur affranchi de tout chagrin? Ne demeure 
pas un instant sans boire du vin, et alors à chaque respiration tu 
trouveras un nouvel attrait à ton existence. 

423
	Dans ce monde, cette maison d'escamoteurs, il est inutile de 
compter sur un ami. Écoute le conseil que je te donne et ne Ie 
confie à personne: Supporte tes souffrances, n'y cherche aucun re-
mède, sois heureux dans les chagrins, ne cherche pas à les faire 
partager. 

424
	Il existe deux choses qui sont la base de la sagesse et qui doivent 
être mises au nombre des plus importantes révélations inédites; 
c'est de ne point manger de tout ce qui se mange, c'est de se tenir 
à l'écart de tout ce qui vit. 

425
	Comment se fait-il qu'au commencement du printemps le verjus 
des jardins soit âpre? Comment après devient-il doux? Comment 
en suite le vin so trouve-t-il amer? Si d'un morceau de bois on fait 
une viole au moyen d'une serpette, que diras-tu en voyant qu'au 
moyen de cette même serpette on confectionne une flûte?

426
	Sais-tu pourquoi au lever de l'aurore Ie coq matinal fait à chaque 
instant entendre sa voix? C'est pour te rappeler, par Ie miroir du 
matin, qu'une nuit vient de s'écouler de ton existence, et que tu 
es encore dans l'ignorance.

427
	Donne-moi de ce vin en rubis couleur de tulipe; fais déverser du 
goulot du flacon ce sang pur qu'il contient, car aujourd'hui je ne 
vois guère, en dehors de la coupe de vin, d'autre ami dont I'intérieur 
soit pur.

428
	Verse-moi, ô échanson! de ce vin couleur de fleurs de l'arbre de 
Judée; verse, ô échanson! car le chagrin vient oppresser mon âme; 
verse-moi de ce nectar, car il se peut, ô échanson! qu'en me rendant 
étranger à moi-même, il m'affranchisse un instant des vicissitudes 
de ce monde.

429
	Ta coupe, ô échanson! contient des rubis liquides; donne donc 
à mon âme, ô échanson! le reflet de cette pierre précieuse; mets 
dans ma main, ô échanson! cette coupe incomparable, car c'est par 
elle que je veux donner une nouvelle vie à mon âme.

430
	En philosophie quand tu serais un Aristote, un Bouzourdjméhr; 
en puissance quand tu serais quelque empereur romain ou quelque 
potentat de Chine, bois toujours, bois du vin dans la coupe de Djém, 
car la fin de tout c'est la tombe; oh! quand tu serais Béhram lui-
même, Ie cercueil est ton dernier séjour.

431
	Je suis entré dans l'atelier d'un potier. J'y ai vu I'ouvrièr auprès 
de sa roue, activement occupé à mouler des goulots et des anses 
de cruches, les unes formées de têtes de rois et les autres de pieds 
de mendiants.

432
	Va opter pour l'extase, si tu es intelligent, afin que de la main 
des buveurs du principe tu puisses boire du vin; mais tu es un 
ignorant, et l'extase n'est pas à ta portée; il n'est pas donné à chaque 
ignorant de goûter les douceurs qu'elle procure. 

433
	Ô idole! pendant que tu es de passage en ce monde, puise dans 
la cruche, puise de ce vin salutaire, et, avant que Ie potier ait fait 
d'autres cruches de ma poussière et de la tienne, remplis-en une 
coupe, bois-là et passe m'en une autre. 

434
	Sois attentive, amie, et, pendant que tu es encore à mê de Ie 
faire, allége la douleur d'un cœur aimant, car ce royaume de 
grâces que tu possèdes ne durera pas toujours; semblable à tant 
d'autres tu en seras inopinément dépouillée!

435
	Avant que tu sois enivrée par la coupe de la mort, avant que 
les révolutions du temps t'aient refoulée en arrière, tâche de te 
constituer un fonds ici, car là-bas, point de profit pour toi, si tu y 
vas les mains vides. 436 C'est toi qui disposes du sort des vivants et des morts; c'est toi qui gouvernes cette roue désordonnée des cieux. Bien que je sois mau- vais, je ne suis que ton esclave, tu es mon maître; quel est done Ie coupable ici-bas? N'es-tu pas Ie créateur de tout? 437 Ô mon roi! comment un homme comme moi, se trouvant, dans la saison des roses, au milieu d'une joyeuse société, entouré de vin, de danseurs, comment pourrait-il demeurer spectateur passif? Oh! se trouver dans un jardin avec un flacon de vin et une flûte sont des choses préférables au paradis avec ses houris et son Kooucer! 438 Vois la clarté de la lumière, l'éclat du vin, celui de la lune, ô échanson! Vois la ravissante beauté au visage rose comme Ie rubis balai, ô échanson! Ne rappelle rien de ce qui vient de la terre à ce cœur qui brûle comme le feu, ne Ie jette pas au vent, apporte du liquide, ô échanson! 439 Ô vin limpide, vin plein d'émail! je veux, fou que je suis, te boire en quantité telle, que quiconque m'apercevra de loin puisse, con- fondant mon identité avec la tienne, me dire: Ô maître vin! dis- moi, d'où viens-tu? 440. Sois la bienvenue, ô toi qui es Ie repos de mon âme! Te voici arrivée, et cependant je ne puis en croire mes yeux. Oh! pour l'amour de Dieu, et non pour l'amour de mon cœur, bois, bois du vin, bois-en au point que je puisse douter de ton identité! 441 Un cheikh dit à une femme publique: "Tu es ivre. A chaque ins- "tant tu es prise dans les filets de chacun." Elle lui répondit: "Ô cheikh! je suis tout ce que tu dis; mais toi, es-tu ce que tu parais "être?" 442 (Je l'ai déjà dit), Ie monde entier, semblable á une boule, roule- rait dans un creux que, lforsque je dors ivre-mort, je ne m'en sou- cierais pas plus que si j'y voyais rouler un grain d'orge. Hier au soir je me suis laissé mettre en gage dans la taverne pour une coupe de vin. Le marchand de vin ne cessait de dire: "Ô l'excellent gage que "je tiens là!" 443 Tantôt tu es caché, ne te manifestant à personne; tantôt tu te découvres dans toutes les choses créées. C'est pour toi-même sans doute et pour ton plaisir que tu produis ces merveilleux effets, car tu es à la fois et l'essence du spectacle qu'on voit et ton propre spectateur. 444 Parviendrais-tu à peupler la terre entière, que cette action ne vaudrait pas celle de réjouir une âme attristée. Il serait plus avan- tageux pour toi de rendre esclave, par la douceur, un homme libre, que de donner la liberté à mille esclaves. 445 On te dit de ne point boire de vin, parce qu'autrement tu devien- dras la proie des tourments, et qu'au jour des récompenses tu brûle- ras comme Ie feu. Cela est, mais aussi cet instant où Ie vin te rend joyeux est-il préférable aux biens de ce monde et à ceux de l'autre. 446 Si ta propre satisfaction consiste à jeter dans Ie chagrin un cœur libre de tout souci, tu peux faire, ami, durant ta vie entière, Ie deuil de ton intelligence; va, sois malheureux alors, car tu es un bien étrange ignorant. 447 Toutes les fois que tu pourras te procurer deux mèns de vin, bois-les, bois, en toutes circonstances, dans toutes les sociétés où tu te trouveras; car celui qui agit ainsi est affranchi du désagrément de voir des moustaches comme les tiennes ou une barbe comme la mienne. 448 Lorsqu'on possède un pain de froment, deux mèns de vin et un gigot de mouton, et qu'on peut aller s'asseoir dans quelque lieu en ruine ayant avec soi une jeune belle aux joues colorées du. teint de la tulipe, oh! c'est une jouissance qu'it n'est pas donné à tout sul- tan de se procurer!. 449 Si dans une ville tu acquiers de la renommée, tu es considéré comme Ie plus méchant des hommes; si tu vis retiré dans un coin, on te regarde comme un instigateur. Ce qu'il y a donc de mieux, fusses-tu Élie ou saint Georges, c'est de vivre de façon à ne con- naître personne, à n'être connu de personne. 450 Si j'étais libre et que je pusse user de ma volonté, si j'étais af- franchi des tourments de la destinée, débarrassé du sentiment du bien et du mal de ce monde, où réside Ie désordre, oh! j'aimerais mieux n'y être point venu, n'y point exister, n'être point forcé d'en partir! 451 Bois du vin, ami, car vois comme il fait rouler des gouttes de sueur sur les joues des belles de Rhèi, les plus belles du monde! Oh! jusques à quand Ie répéterai-je? oui, j'ai brisé les liens de tous mes vœux. Ne vaut-il pas mieux briser les liens de cent vœux que de briser une cruche de vin? 452 Nous possédons du vin, ô échanson! nous jouissons de la pré- sence de la bien-aimée (la Divinité) et du bruit du matin. Qu'on n'attende pas de notre part la renonciation de Nèssouh, ô échan- son! Jusques à quand parleras-tu de I'histoire de Noé, ô échanson? ' Apporte, apporte-moi gentiment Ie repos de l'âme (du vin), ô échanson! 453 Je ne vois ni Ie moyen de me joindre à toi, ni la possibilité de vivre l'espace d'un souffle séparé de toi. Je n'ai point Ie courage de faire part à qui que ce soit des tourments que j'endure. Oh! quelle situation difficile, quelle étrange douleur, quelle délectable passion! 454 Voici Ie moment de boire Ie vin du matin; Ie bruit se fait enten- dre, ô échanson! nous voilà prêts, ô échanson! voici du vin, voilà la taverne. Un semblable moment pourrait-il être pour la prière? Silence, ô échanson! laisse là tes discours sur la tradition, sur la dé- votion; bois, ô échanson! 455 Voici Ie bruit du matin, ô idole dont la venue procure Ie bonheur! entonne ton refrain et apporte du vin; car (tu Ie sais) cette succes- sion constante du mois de Tir au mois de Di a renversé sur terre cent mille potentats comme Djèm, cent mille comme Kèy. 456 Garde-toi de passer pour grossier aux yeux des buveurs; garde- toi de t'attirer une mauvaise réputation auprès des sages, et bois du vin; car que tu en boives ou non, si tu appartiens au feu de l'enfer, tu ne saurais entrer en paradis. 457 Je voudrais que Dieu reconstruisît Ie monde, je voudrais qu'il Ie reconstruisît actuellement, pour que je pusse voir Dieu à l'œuvre. Je voudrais qu'il effaçât mon nom du bulletin de la vie, ou que de son trésor mystérieux il augmentât mes moyens d'existence. 458 Dieu! ouvre-moi une porte de tes bienfaits. Fais-moi parvenir mon pot-au-feu, afin que je n'en sois par redevable à tes créatures; oh! rends-moi ivre de vin, au point qu'affranchi de toute connais- sance mes tourments de tête disparaissent. 459 Ô toi qui as été brûlé, puis brûlé encóre, et qui mérites de l'être derechef! toi qui n'es digne que d'aller attiser Ie feu de l'enfer! jusques à quand prieras-tu la Divinité de pardonner à Omar? Quel rapport existe-t-il entre toi et Dieu? Quelle audace te pousse à lui apprendre à faire usage de sa miséricorde? 460 Moi, sans vin limpide je ne puis pas vivre, mon corps est un far- deau que je ne puis traîner sans boire de ce jus de la treille. Oh! que je me constitue l'esclave de ce moment délicieux où l'échanson me dit: "Encore une coupe!" et que je n'ai plus la force de la saisir! 461 Il me reste encore un souffle de vie, grâce aux soins de l'échanson. Mais la discorde règne encore parmi les hommes. Je sais qu'il ne me reste qu'environ un mèn du vin d'hier au soir; mais j'ignore l'espace de temps qui me reste encore à vivre. 462 Pourquoi un homme qui possède un pain lui permettant de vivre deux jours, qui dans une cruche fêlée peut puiser une goutte d'eau fraîche, pourquoi un tel homme doit-il être commandé par un autre qui ne Ie vaut pas, ou pourquoi en servirait-il un qui serait son égal? 463 Depuis Ie jour où Vénus et la lune apparurent dans Ie ciel, per- sonne n'a rien vu ici-bas de préférable au vin en rubis. Je suis vrai- ment étonné de voir les marchands de vin, car que peuvent-ils ache- ter de supérieur à ce qu'ils vendent? 464 Ceux qui sont doués de scienee et de vertu, qui par leur profond savoir sont devenus Ie flambeau de leurs disciples, ceux-là mêmes
n'ont pas fait un pas en dehors de cette nuit profonde. Ils ont dé- bité quelques fables et sont rentrés dans Ie sommeil (de la mort).
FIN DES QUATRAINS DE KHÈYAM